Actualité de la cryptomonnaie bitcoin (BTC)

StarkWare teste une transaction Bitcoin résistante au quantique sans modifier le protocole

StarkWare a fait miner sur le réseau principal une transaction QSB conçue pour ajouter une protection fondée sur le hachage, sans modifier les règles de consensus de Bitcoin.

Julien Sobczak Par Julien Sobczak
5 min de lecture
StarkWare teste une transaction Bitcoin résistante au quantique sans modifier le protocole
Ladislav Mecir. The first Trezor hardware wallet. Cette photographie accompagne l’article « StarkWare teste une transaction Bitcoin résistante au quantique sans modifier le protocole ».

StarkWare a fait miner sur le réseau principal de Bitcoin une transaction conçue pour résister à un scénario d’attaque quantique, sans modifier les règles de consensus du protocole. La démonstration repose sur Quantum-Safe Bitcoin, ou QSB, une construction qui vise à protéger une sortie préparée à l’avance. Elle constitue une preuve de faisabilité technique, mais ne transforme pas Bitcoin en réseau intégralement résistant aux ordinateurs quantiques.

En bref

  • StarkWare a exécuté une transaction QSB sur le réseau principal de Bitcoin, présentée comme résistante aux attaques quantiques.
  • La construction QSB ajoute un verrou reposant sur des fonctions de hachage, en parallèle du mécanisme existant.
  • Cette approche n’exige ni soft fork ni modification des règles de consensus de Bitcoin.
  • La démonstration protège des fonds placés à l’avance dans une sortie dédiée, sans rendre tout le réseau résistant au quantique.

Cette avancée s’inscrit dans les enjeux suivis par l’actualité de la cryptomonnaie Bitcoin, où la sécurité des signatures et les modalités d’évolution du protocole restent des sujets structurants. La transaction testée montre qu’une protection ciblée peut être construite avec les outils déjà disponibles dans Bitcoin, tout en laissant ouverte la question d’une réponse applicable à l’échelle du réseau.

Une transaction QSB validée sur le réseau principal

Selon le récit publié par Bitcoin News, la transaction utilisant QSB a été minée sur le réseau principal sans soft fork, hard fork ou changement des règles de consensus. La méthode a été conçue par Avihu Levy, chercheur et responsable de la division Applications de StarkWare. D’après le blog de StarkWare, il avait publié ces recherches en avril 2026.

Le principe répond à une caractéristique de la cryptographie utilisée pour dépenser des bitcoins. Les signatures reposent aujourd’hui sur des mécanismes à courbe elliptique. Dans l’hypothèse d’un ordinateur quantique suffisamment puissant, l’algorithme de Shor pourrait mettre en difficulté cette famille de problèmes cryptographiques lorsqu’une clé publique est exposée.

QSB ne remplace pas les règles de Bitcoin. La construction ajoute plutôt un second verrou, fondé sur des fonctions de hachage, à côté du verrou déjà existant. L’objectif est de faire dépendre la sécurité de la sortie protégée d’un mécanisme différent de la seule protection offerte par une signature à courbe elliptique.

Gros plan d'un écran d'ordinateur affichant du code de programmation coloré avec profondeur de champ.
Illustration d’un environnement de programmation, utilisée pour représenter les mécanismes cryptographiques. Source : Pexels. Photographe : Godfrey Atima. Licence Pexels.

Cette distinction est essentielle. La transaction minée atteste qu’une construction particulière peut fonctionner dans les règles actuelles du réseau. Elle ne signifie pas que toutes les adresses Bitcoin bénéficient désormais de la même protection ni que le risque quantique est résolu pour l’ensemble des fonds existants.

Le « signature grinding », un calcul préparé hors chaîne

Pour rendre cette construction recevable par Bitcoin, QSB emploie une technique appelée « signature grinding ». Une part importante du travail est effectuée hors chaîne : il s’agit de rechercher, par le calcul, une transaction dont le hachage présente une forme que Bitcoin accepte comme une signature correctement formatée.

Dans son analyse de cette expérience, Cryptoast décrit l’ajout de ce second verrou fondé sur le hachage et souligne que la méthode s’appuie sur les règles existantes de Bitcoin Script. La démarche ne crée donc pas une nouvelle primitive dans le protocole, elle agence des éléments déjà reconnus par le réseau.

Ce fonctionnement implique toutefois des contraintes pratiques. Les transactions QSB utilisent un format non standard, ce qui empêche leur propagation par le mempool ordinaire. Pour le test, la transmission a donc été réalisée directement vers un mineur via MARA Slipstream. Cette dépendance à un chemin de diffusion spécifique distingue la démonstration d’un usage qui pourrait être traité de façon habituelle par les nœuds et le mempool public.

Vue de dessus d'un ordinateur portable avec des pièces de Bitcoin et des blocs formant l'inscription « Bitcoin Mining » sur une surface sombre.
Illustration de matériel informatique, sans lien établi avec le minage de la transaction évoquée. Source : Pexels. Photographe : Leeloo The First. Licence Pexels.

Le calcul hors chaîne est également une composante centrale de l’approche. Il permet de préparer la transaction avant sa diffusion, mais il ne change pas la validation opérée ensuite par les règles de consensus de Bitcoin. C’est précisément cette compatibilité qui a permis de mener le test sans mise à jour du protocole.

Une protection ciblée, pas une migration quantique généralisée

La portée de QSB demeure circonscrite. Les fonds doivent d’abord être déplacés vers une sortie spécialement construite afin de bénéficier du mécanisme. La méthode ne protège pas automatiquement les fonds déjà associés à des clés publiques exposées, et elle ne permet pas de rendre rétroactivement sûres toutes les situations existantes.

StarkWare présente ainsi la transaction comme une option de protection pour des avoirs préparés en amont, et non comme une réponse définitive au sujet de la migration quantique. Cette nuance évite de confondre la validité d’une preuve de concept sur le réseau principal avec le déploiement d’une protection commune à l’ensemble des utilisateurs de Bitcoin.

Les sources indiquent par ailleurs qu’un soft fork reste, selon StarkWare, préférable à long terme. Une telle évolution relèverait d’un débat distinct, technique et collectif, sur les règles du protocole. Le minage de cette transaction QSB ne préjuge ni de l’adoption d’un soft fork ni de ses modalités éventuelles.

Le test apporte donc un élément concret au débat : une transaction peut intégrer une défense fondée sur le hachage tout en restant compatible avec les règles actuelles. Ses limites de diffusion, son caractère préparatoire et sa portée ciblée montrent toutefois que cette expérience ne dispense pas d’examiner les mécanismes nécessaires à une protection plus générale de Bitcoin.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Attribution : The original uploader was Ladislav Mecir at English Wikipedia .. Licence : CC BY-SA 3.0.

Julien Sobczak

Bitcoin, altcoins, blockchain, minage et régulation

Julien Sobczak

Julien Sobczak a travaillé une dizaine d'années au support technique d'une banque en ligne avant de s'intéresser au bitcoin en 2016. Il suit pour Bitcoin Matin l'actualité du bitcoin et du marché au jour le jour : cours, flux vers les ETF, annonces des plateformes. Il vit près de Lille et joue de la basse dans un groupe de reprises.