Polygon étend son Open Money Stack à Solana pour régler les paiements en stablecoins

Encaisser par virement, convertir en USDC puis payer un bénéficiaire : Polygon Labs promet de réunir ces étapes dans une seule intégration pour les entreprises.

Sarah Benali Par Sarah Benali
3 min de lecture
Polygon étend son Open Money Stack à Solana pour régler les paiements en stablecoins
Photo d’illustration. Gestion des opérations financières et des paiements professionnels sur un bureau de travail.

En bref

  • Polygon Labs a annoncé le 29 octobre l’arrivée de son Open Money Stack sur Solana.
  • Une connexion technique et une relation commerciale uniques remplacent l’empilement de prestataires.
  • Kira figure parmi les premiers utilisateurs de l’offre.
  • Les plus de 5 000 milliards de dollars de Solana mesurent des montants transférés, pas un stock.

Une société qui opère sur Solana dispose maintenant d’un unique point d’accès technique pour recevoir des fonds, les convertir et régler ses paiements en stablecoins. Polygon Labs a révélé le 29 octobre que son Open Money Stack s’étendait à ce réseau, d’après Journal du Coin. Ce kit d’outils cherche à simplifier la réception et le règlement en stablecoins, ces cryptomonnaies indexées sur une devise telle que le dollar.

La demande existe déjà : d’après l’article, 88 % des grandes entreprises ont adopté les stablecoins et les dépôts tokenisés. Polygon, de son côté, poursuit sa poussée dans les paiements après le rachat de Coinme, spécialiste du cash crypto.

Un seul contrat au lieu d’une chaîne de prestataires

Faire circuler des stablecoins entre deux portefeuilles ne demande que quelques secondes. Le casse-tête vient après : retirer des fonds d’un compte en banque, les changer, puis les acheminer jusqu’au destinataire force à cumuler plusieurs intermédiaires, chacun imposant son intégration spécifique et son contrat à part.

L’Open Money Stack regroupe ces opérations derrière un raccordement technique unique, associé à un seul interlocuteur commercial. Une entreprise a le choix d’adopter la totalité du dispositif ou de n’intégrer que les modules dont elle a besoin. Prenons une société de transfert d’argent : elle peut encaisser des dollars versés par l’émetteur, remettre de l’USDC sur Solana, puis relier le destinataire à un règlement bancaire. Jusqu’ici, ce circuit supposait de signer un contrat séparé avec chacun des acteurs de la chaîne.

Ce que couvre la plateforme, de l’entrée à la sortie

Le parcours se lit en trois temps :

  1. Entrée. Les fonds arrivent par virement, carte, espèces ou crypto.
  2. Circulation. La valeur se déplace grâce à des portefeuilles intégrés et à des passages d’un réseau à l’autre, parmi lesquels Polygon, Ethereum ou Tron.
  3. Sortie. Les règlements aboutissent sur des comptes en banque, des cartes ou des portefeuilles crypto.

Kira et la vision de Polygon

Kira, une société spécialisée dans les paiements internationaux, compte parmi les premiers adoptants. Elle transforme en dollars, crédités sur le compte bancaire des clients, les virements que ceux-ci effectuent en stablecoins.

Pour Sandeep Nailwal, cofondateur et PDG de la Polygon Foundation, les établissements bancaires et les fintechs qui souhaitent recourir à la crypto doivent s’arrimer aux comptes ainsi qu’aux systèmes de règlement déjà utilisés par leur clientèle. D’après lui, l’arrivée de Solana doit aider un plus grand nombre de sociétés à bâtir leurs services sur la blockchain que leurs clients ont retenue.

Solana, un réseau déjà tourné vers les paiements

5 000 Md$de stablecoins transférés sur Solana en 2026, selon la Solana Foundation (un volume d’échanges, pas un stock détenu)

Cette précision compte : le chiffre mesure des montants qui ont circulé, non des fonds conservés sur le réseau. Il provient de la Solana Foundation elle-même.

Solana a par ailleurs mis en place une norme de règlement destinée aux institutions, avec la contribution de J.P. Morgan, avant de lancer depuis peu sa mise à jour Alpenglow. Pour prolonger la lecture, notre article sur les stablecoins géants apporte un éclairage complémentaire.

Photo : Mikhail Nilov / Pexels

Sarah Benali

Bitcoin, altcoins, blockchain, minage et régulation

Sarah Benali

Sarah Benali a été juriste dans une association de consommateurs, où elle traitait les litiges liés aux services financiers en ligne. Sur Bitcoin Matin, elle suit la régulation des cryptoactifs en France et en Europe, ainsi que l'actualité d'Ethereum et des principaux altcoins. Elle lit les textes réglementaires en entier, notes de bas de page comprises.